Entrevue spéciale avec Madame Diane Patenaude

Publié le 26 juin 2017 dans À la une, Entrevues spéciales | 0 commentaire


Madame Diane Patenaude

Éducatrice spécialisée
Centre d’hébergement Saint-Joseph-de-la-Providence

Cela peut sembler un cliché, mais dans ma profession, le savoir-être est aussi important que le savoir et le savoir-faire. Je travaille depuis 12 ans auprès de patients atteints de déficience intellectuelle et de troubles du spectre de l’autisme. À cela s’ajoute souvent au moins une autre pathologie d’ordre physique ou mental. Ces personnes sont hébergées ici après un séjour en centre de réadaptation. Beaucoup sont sous curatelle, car elles ont été abandonnées en bas âge.

Ma responsabilité première est d’enrichir le milieu de vie de ces résidents, d’organiser et de leur offrir des services personnalisés. La plupart d’entre eux veulent vivre un sentiment d’accomplissement. J’offre donc un « travail » à ceux et celles qui en ont les capacités : ils emballent des produits utilisés par les infirmières du CLSC de Bordeaux-Cartierville. Ils ont même une carte d’employé, ce qui stimule leur sentiment d’appartenance et leur fierté. Ils effectuent la livraison du fruit de leur labeur, sous supervision.

Pour les patients plus gravement atteints, je procède par stimulation sensorielle afin d’établir un contact avec eux. Ils ont droit, au même titre que tous les autres, d’être heureux et de jouir d’un certain confort. Nos patients vivent ici durant plusieurs années, ce qui nous permet de bien les connaître et d’établir un lien de confiance à long terme.

C’est l’aspect de mon travail que j’apprécie le plus : faire une différence dans leur vie, chercher des façons d’améliorer le quotidien de ces résidents qui ont des corps d’adultes, mais des intérêts d’enfants. On les accepte tels qu’ils sont et on les aime, peu importe la situation. Et si l’un d’entre eux est en crise à un moment donné, nous organisons des rencontres multidisciplinaires pour trouver une solution. Le travail d’équipe est la clé.

Il est parfois difficile de comprendre un nouveau patient. Nous devons passer beaucoup de temps avec lui pour comprendre ce qu'il cherche à nous exprimer, la faim, la douleur, l'ennui. Je me nourris de l’émerveillement enfantin et de l’amour inconditionnel de ces personnes, qui forment pour moi la plus belle clientèle au monde. Lorsqu’un résident décède, c’est comme si je perdais un membre de ma famille. Aussi, je me donne le droit de pleurer!

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