Entrevue spéciale avec Madame Rosemée Ilcéus

Publié le 26 juin 2017 dans À la une, Entrevues spéciales | 0 commentaire


 

Madame Rosemée Ilcéus

Préposée aux bénéficiaires
Centre d’hébergement de Saint-Laurent

J’oeuvre dans le réseau de la santé depuis 12 ans, dont six dans cet établissement. J’aime mon travail, j’aime faire du bien aux gens, voir l’impact de mes gestes sur la vie des résidents, sentir toute leur reconnaissance. Ce qui me plaît particulièrement, c’est de participer aux activités avec eux, que ce soit la musique, les manucures, ou tant d’autres.

Je m’implique dans des activités qui les rendent heureux; je chante et danse avec eux, dans les limites de leurs capacités physiques, évidemment. J’aime soigner leur apparence, j'aime qu'ils soient beaux, et voir leurs réactions lorsqu’ils reçoivent des compliments. Lorsque je réussis à gérer une situation particulièrement difficile, j’éprouve un grand sentiment de fierté.

On lit souvent des articles négatifs dans les journaux sur la vie en établissement de soins de longue durée, mais je pense qu’il ne faut pas s’y arrêter. Beaucoup de petits gestes au quotidien passent sous le radar pour ceux et celles qui ne travaillent pas dans le milieu de la santé. Il faut se concentrer sur ce qu’on fait et sur le bien-être que les résidents en retirent. L’important, c’est de respecter les choix et les capacités de chacun. Mettre l’emphase sur ce qu’ils peuvent faire plutôt que sur ce qu’ils ne peuvent plus faire. Un exemple tout simple : si le résident peut manger par lui-même, on le laisse faire tout en le surveillant, même si cela exige un peu plus de temps.

Les familles et les amis de résidents n'hésitent pas à venir me voir pour obtenir de l'information sur leur être cher. Si ce dernier a besoin de quelque chose comme des vêtements ou des articles de toilette, je les en informe. Il m’arrive aussi de proposer de faire moi-même les achats à la friperie du centre d’hébergement de Saint-Laurent si je vois que la famille n’est pas très présente ou est dans l’impossibilité de le faire.

Les résidents se confient souvent à moi, surtout s’ils se sentent seuls. Ils blâment leurs enfants de ne pas venir les voir plus souvent. Je les écoute, je tente de les rassurer en leur expliquant que leurs enfants travaillent, ont eux-mêmes des enfants ou habitent loin d’ici. Au besoin, j’en discute avec la chef de l’unité et je suggère que le patient soit vu par un psychologue. Il faut prendre le temps de comprendre les causes derrière certains comportements.

Un de mes plus beaux souvenirs vient d’une résidente qui n’avait pas de famille et qui m’a dit que j’étais comme sa fille. Je lui ai répondu qu’il me ferait très plaisir d’être sa fille!

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